lundi 25 mai 2009
dimanche 24 mai 2009
Un coeur se dilate via fontem
Alélé,
J'ai le coeur qui se sert, le ventre qui travaille, il m'est tellement
donné, et je me dis pourquoi ? oui pourquoi à moi, Elise, pourquoi tant,
avec autant de simplicité, d'amour, d'ouverture... d'authenticité....
Et voilà Boris
Par moment, je me dis, oui vraiment ce rêve, ce désir qui m'habitait
déjà toute petite de partir vers une autre terre pour vivre et
travailler avec un autre peuple, il est vraiment réel, et il m'est donné
au delà de mes attentes... Je pense et ai cette certitude que les
désirs, les élans du coeur font avancer un bout de bonne femme, sans
cela, je pense qu'il m'aurait été bien difficile de vivre et traverser
certains moments, alors, je ne sais pourquoi ce désir, ce rêve ce sont
épris de moi, en tout cas il y a une raison...elle est surement bien profonde... j'accueille...
Une nuit bien particulière à l'hôpital, Jeudi saint, Angela, une
patiente arrivée depuis plus d'une semaine avait passé son après-midi à
gémir et à se tordre de douleur, d'angoisse, la situation s'aggravant...
Des douleurs abdominales assez atroces, un ventre distendu, comme si
elle attendait un enfant, présence d'ascite, et la tuberculose, mais
les médecins ne pouvaient pu rien faire, et pour ajouter au tout, la
patiente ne pouvait pu payer les soins... C'est assez atroce de voir
quelqu'un souffrir et d'être limiter en tout... La nuit commençait assez
mal, elle voulait que l'on reste à son chevet, il a donc fallu poser les
choses, je lui ai promis de revenir passer du temps avec elle une fois
le reste du travail fait... Imaginez un après-midi dans un dortoir d'une
vingtaine de femme africaine, où une femme a passé son après-midi à
gémir, arrive le soir elles sont toutes exaspérées et souhaitent dormir
paisiblement... Au fond de moi-même je me suis dis il va falloir trouver
une solution assez rapidement pour que tout s'apaise... J'ai commencé
par éteindre les lumières, et je me suis assise auprès d'Angela, et je
la massais, la caressais, la douleur étant telle qu'elle s'est retrouvée
allongé en travers de son lit, recroquevillée, en position foetale, mais
calme... la patiente d'à côté et venue voulant m'aider à la remettre
correctement dans le lit, c'est beau de voir comme toutes les femmes
étaient soucieuses... Elle s'est de nouveau agitée, alors là pu de
solution, je me suis retrouvée dans son lit, à la cageoler comme un
enfant, sa tête était toute posée contre ma poitrine et mon bras... 4
heures comme ça, avec des sursauts de paniques... des paroles fortes
aussi, où elle se remettait entièrement au Père du ciel... Je lui ai
proposé qu'on prie ensemble, bercée par la prière, elle s'est
endormie...Les jours qui ont suivie, j'arrive dans le service et Pa boy
me dit elle accouché de jumeaux, c'était imagé, son ventre était devenu
normal, la douleur atténuée... "L'impossible devient possible", une
belle amitié s'est crée avec elle et sa soeur présente au jour le jour,
à ses côtés. Angela est chez elle, bien faible, mais elle reprend petit
à petit des forces. Avec une collègue Atam, qui devient une sister
camerounaise nous sommes allées la visiter il y a quelques jours, pour
ma part ce moment reste impressionnant, de part la joie des
retrouvailles, la simplicité de ce moment, des échanges, des partages et
puis de part la pauvreté, des conditions de vie vraiment rudimentaire,
Angela vie avec son papa ,et sa soeur était aussi avec eux, leur maison
est une pièce dans laquelle il y a un lit, les affaires de cuisines, et
tous les habits sont étendus sur des fils suspendus . Elles nous ont
montré leur photo, c'est fou de voir combien la maladie a transformé
Angéla physiquement... Elle dit maintenant, après ces douloureux moments
à l'hôpital, qu'elle ne pourra pu vivre comme avant, il y a quelque
chose de transformé en son coeur...
Une des voisines du dortoir,Déborah est arrivée, on a beaucoup ri, un
moment où l'on dit qu'il fait bon d'être ensemble... Tellement ces
moments sont pour moi, comme d'immenses cadeaux, je ne peux m'empêcher
de proposer que l'on prie ensemble, on était toutes les cinq, en rond, à
se tenir les mains, dans cette petite pièce, et on a prié, chanté,
ahlalalala !!!! C'est une joie profonde en mon coeur, je jubile, c'est
si simple, si paisible, si joyeux!!!! Youhouhou!!!! Puis, retour à pied
avec Atam, et là j'avais hyper soif, et sur le chemin mon pierrot de
collègue qui a une petite boutique nous fait signe de venir, et il nous
propose de choisir entre des biscuits ou une boisson, on avait rien
demandé et ça nous est donné gratuitement... C'est drôle parcequ'Atam me
dit juste après qu'elle aussi avait très soif et elle avait très envie
d'une boisson, on a beaucoup ri quand on a vu ce qu'il nous était
donné... Journée bénie!!!
Que de coeurs généreux et aimants : un après-midi j'allais travailler et
je croise Desmond un p'tit garçon de 11ans avec qui Alice et moi nous
nous sommes liées d'amitiés avec lui. Quelques jours avant je lui avais
proposé de venir s'il voulait et là il me propose de venir le jour
suivant, c'est ok... On a partagé le repas du dimanche midi ensemble,
c'était bien sympa, comme un p'tit frère qui vient visiter sa grande
soeur.. Puis, j'avais un sac qui ne me servais pas, qui embarrassé les
lieux, je lui ai proposé tout heureux, il est reparti avec son sac sur
le dos, bien fier. Et là surprise, lundi soir après la messe, Desmond et
sa maman étaient à la messe, et sa maman m'a agrippé dans les bras pour
me remercier, et pour manifester la joie de se connaître... Ce sont des
moments qui vous paraissent être une éternité tellement c'est intense...
mais tellement simple aussi, c'est ça qui me chamboule, il y a quelques
années on me disait Elise ne cherche pas à vivre les choses dans l'extraordinaire, et oui c'est vraiment vrai, quelle belle parole!!!
Un après-midi aux chutes : Après le travail, pique-nique sur le dos,
maillot de bain enfilé, j'embarque avec moi Atam, elle semblait un peu
paniquée à l'idée de voir la pluie arriver, et aussi de ne pas savoir
nager.... arrivée sur place, température extra, et là on s'est retrouvé
comme des p'tites grenouilles sous une bonne averse... Mais on s'est
aussi transformé en Tarzan à crier dans cette brousse... Puis,
finalement initiation à la natation pour Atam, et bien un jour
mémorable, elle sait nager, encore des p'tits entrainements et comme
elle dit elle pourra bientôt aller aux Jeux Olympiques... Elle était
comme une petite fille, heureuse de savoir nager,une vraie victoire..et
en plus comme spectateur : la brousse, cette chute et cette beauté de
nature... Elle est partie de la maison vers 19 h, on a partagé un p'tite
salade à la française, notre vie, puis, coupure de courant, petit bout
de chemin à la lanterne et retour à la maison...
Finalement j'avais presque oublié de visiter mes voisins, alors un jour
sur le chemin, j'me suis dis qu'il fallait que je propose une date pour
les visiter, chose faite... Ce sont deux familles qui habitent dans une
même habitation, séparées par des cloisons, puis il y a un autre petit
bâtiment réservé pour faire la cuisine au feu de bois, en fait
l'architecture est en L, et au centre la coure où les enfants jouent,
dansent, se lavent, mangent, c'est un peu la place public de ces
familles où se vivent et se partagent beaucoup de chose comme au près du
feu de bois, de la lumière...On a commencé l'après-midi dans la cuisine
au près du feu de bois, on s'est préparé du foufou avec des légumes, ces
p'tites maman étaient heureuses de me montrer leur façon de cuisiner, de
vivre, d'être... ça s'est terminé aussi par une grande joie dans cette
cour, où nous avons joué à la marelle à même le sol, ils se sont
inventés une corde à sauté avec des feuilles de bananiers, et à ma
grande surprise, les p'tites maman jouaient avec les enfants... c'était
la première fois que je voyais réellement des mamans heureuses
d'éveiller leurs enfants. Puis, ça s'est terminé en chansons... on
aurait pu continuer jusqu'au bout de la nuit, alors arrive un moment où
on se quitte, et une belle escorte jusqu'à la maison, les p'tit enfants
en avant du chemin ... des moments fabuleux où tout ce fait naturellement. Elle est vraiment belle la vie !!!
Et Boris, Boris, Boris, ce p'tit loulou reprend petit à petit vie, oui ,
vie dans son coeur, dans son être, par la parole, les sourires, les
jeux, la musique, la danse, la complicité, la tendresse... Je vois
combien cette situation me prend aux tripes, le premier jour ou je l'ai
vu sourire,ou une expression a traduit ce qu'il vivait, ou j'ai pu voir
qu'il vivait , qu'il sortait un peu de son traumatisme, je sautais au
ciel de joie et à la fois j'en avais les larmes qui venaient.... Sa peau
et les greffes qui ont été faites prennent petit à petit, il y a des
endroits où c'est plus ou moins infectés, ça nous demande de faire des
soins régulièrement... et notamment au niveau de la tête, c'est
l'endroit le plus douloureux... La maman est impressionnante, elle reste
présente 24 heures sur 24 à ses côtés, une vraie petite infirmière qui
est avant tout une bonne maman.... Sa maman fait partie d'un groupe de
prière du renouveau, je ne le savais pas et un jour, elle fredonnait un
chant que j'aime beaucoup, alors grande surprise, ici à Fontem au
Cameroun... Alors, on était autours de Boris, en train de chanter, louer
le Seigneur, cette maman est complètement remise à la volonté de
Dieu.... et elle éveille son enfant dans cette relation à Dieu... Il y a
des aspects plus douloureux, les soins ne sont pas toujours simple, et
ce p'tit loup et plein de forces et d'énergie, notamment pour poser une
voie d'abord, la maman essaie de le contenir comme elle peut, mais ici
au Cameroun, les parents en viennent souvent à frapper l'enfant avec des
p'tits bâtons, c'est dur, car le soin est douloureux et une violence ce
rajoute à tout ça... Hier soir, j'ai eu la grande joie avant de
terminer le travail de prendre Boris dans les bras, de le cageoler, un
vrai bonheur, sa maman dit qu'il m'appelle Tata Elise, mais quand je suis dans la chambre pas moyen d'entendre comment il m'appelle...
Docteur Rolland est ok pour faire la fête quand il sortira, un foot et un moment convivial à l'appui ...
Des nuits à l'hôpital où je perds patience, Junior un p'tit garçon d'1
ans et demi était arrivé le matin, détresse respi, pâle, encombré et
très faible, le contrôle de l'hémoglobine indiqué 10 g/dl, résultat qui
pose question, une poche de sang était quand même au frais, quand j'ai
pris la relève à 21 h les conditions n'étaient pas bonnes, le taux
d'oxygène dans le sang était de 83 %, tous les signes d'une détresse
respi étaient bien présent, on lui a administré de l'oxygène, la
saturation est remonté... Mais vers 4h beaucoup de signes montraient que
ça s'aggravaient, comme le geignement à l'expiration... Le résultat
sanguin et les signes cliniques ne coïncidaient pas, j'ai donc appelé le
médecin de garde en lui disant ce qu'il en était, et en lui disant qu'il
me semblait important de poser la poche de sang, de faire un bilan de
contrôle.... le médecin ne savait pas trop... J'ai donc pris le taureau
par le corne, appel du lab et là le bouquet, Margareth de garde demande
à ce que les gardiens de nuit viennent à son domicile pour
l'accompagner, chose que je comprends, marcher seule dans la nuit à
Fontem, on aime bien avoir un homme à ses côtés... et bien les gardiens
ne se bougeaient pas... et il faut toujours lever le ton, pour qu'ils se
bougent, vous savez quand vous voyiez un enfant qui s'apprête à mourir
et que vous avez des soins à faire mais que vos collègues restent
passif, il y a en vous comme de l'agressivité qui se lève, je leur ai
donc dis que cet enfant pourrait un jour être leur enfant... Et là ils
se sont bougés... C'est dur, de voir cet enfant en fin de vie, et en
plus de voir cette paresse face à la souffrance d'un enfant, c'est je
pense insoutenable pour moi. En attendant Margareth avec Pierre on a
baptisé ce p'tit loup... C'est beau et déroutant. Finalement l'enfant
était à 3g/dl d'hémoglobine, on a posé la poche de sang, il est décédé à
ma fin de garde... Des parents ébranlés, un père à terre criant sa
douleur, et une mère emmuré dans sa souffrance... Avec Pierre, nous
avons préparé Junior, l'avons comme langé dans un râpa et l'avons déposé
dans la chambre froide, accompagné de son papa...
J'ai eu la joie de rencontrer la soeur de ma soeur de coopé, Sabine et
ses deux amies, Pauline et Marie, c'est beau de voir combien les
retrouvailles sont importantes et combien les liens familiaux et amicaux
sont importants pour chacun ... C'est beau de voir aussi combien les
personnes sont sensibles à ce que l'on vie... Et c'est époustouflant de
voir l'accueil ici à Fontem... je ne détaille pas, venez et vous verrez...
Un samedi matin après une nuit de garde, départ pour Dschang, programme
: marche avec d'autres coopérants Emilie Guillaume Mariane au mont
Bamboutos... Voyage sympa, à trois sur une moto, il faisait bien froid,
un super chauffeur, une belle sensation de liberté, des beaux paysages,
la brume... Arrivée à Dschang assez tard, ici on apprend à ne pas se
fixer sur sa montre et à accueillir les imprévus... Arrivée au Mont le
temps n'était pas au rendez vous, de la brume, de la pluie, du vent, de
belles vues, une bonne marche, de bonnes discussions, un bon décrassage,
la première fois où j'ai grelotté de froid au cameroun.... L'accueil est
toujours bon chez Emilie, c'est une vraie joie de la retrouver, de
papoter, prendre le temps d'être ensemble...
Max et Julie, un p'tit couple bien amoureux, mariés depuis deux ans,
partis en coopé juste après leur mariage, sont venus nous rendre visite
à Fontem, ils sont à Pouma, entre Yaoundé et Douala, ils sont
gestionnaire de l'hôpital qui partait à la dérive. Un bon moment, ces
moments où l'on se retrouve et où l'on apprend à mieux se connaître, et
l'on voit aussi les difficultés et les joies des autres... C'est un beau
soutien que cette famille Dcc...
Il y a des moments où l'on a besoin d'avoir des lumières intérieures,
car la coopé ça chavire un coeur dans tous les sens, dans tout son
être, et c'est bon même si ce n'est pas facile à vivre... Je rends
grâce à Dieu d'être à l'oeuvre et de mettre la lumière là où elle a
besoin d'être... Ces moments déroutants demandent de se poser ou de se
reposer sur ce qui fait l'essentiel, la source de ma vie....
Des belles nouvelles ces derniers temps, des cousines viennent
d'accoucher, une collègue vient d'accoucher, d'autres devraient arriver,
une amie rentre dans une communauté, des mariages s'annoncent.... En
parlant de naissance, Mado une collègue d'Alice vient d'accoucher de son
6ème, une maman toute pimpante, heureuse et forte... Elle veut déjà
retourner travailler la terre dans son jardin...
Ma soeur de coeur et de chair Elodie, vient au mois d'Aout à Fontem, si
vous voulez lui faire passer du courrier au autre faites lui signe..
J'aime fortement la vie, il m'est beaucoup donné, je me remets à vos
pensées et vos prières...
Soyez assurés de ma profonde affection et de ma prière..
Elise via Fontem
donné, et je me dis pourquoi ? oui pourquoi à moi, Elise, pourquoi tant,
avec autant de simplicité, d'amour, d'ouverture... d'authenticité....
Et voilà Boris
Par moment, je me dis, oui vraiment ce rêve, ce désir qui m'habitait
déjà toute petite de partir vers une autre terre pour vivre et
travailler avec un autre peuple, il est vraiment réel, et il m'est donné
au delà de mes attentes... Je pense et ai cette certitude que les
désirs, les élans du coeur font avancer un bout de bonne femme, sans
cela, je pense qu'il m'aurait été bien difficile de vivre et traverser
certains moments, alors, je ne sais pourquoi ce désir, ce rêve ce sont
épris de moi, en tout cas il y a une raison...elle est surement bien profonde... j'accueille...
Une nuit bien particulière à l'hôpital, Jeudi saint, Angela, une
patiente arrivée depuis plus d'une semaine avait passé son après-midi à
gémir et à se tordre de douleur, d'angoisse, la situation s'aggravant...
Des douleurs abdominales assez atroces, un ventre distendu, comme si
elle attendait un enfant, présence d'ascite, et la tuberculose, mais
les médecins ne pouvaient pu rien faire, et pour ajouter au tout, la
patiente ne pouvait pu payer les soins... C'est assez atroce de voir
quelqu'un souffrir et d'être limiter en tout... La nuit commençait assez
mal, elle voulait que l'on reste à son chevet, il a donc fallu poser les
choses, je lui ai promis de revenir passer du temps avec elle une fois
le reste du travail fait... Imaginez un après-midi dans un dortoir d'une
vingtaine de femme africaine, où une femme a passé son après-midi à
gémir, arrive le soir elles sont toutes exaspérées et souhaitent dormir
paisiblement... Au fond de moi-même je me suis dis il va falloir trouver
une solution assez rapidement pour que tout s'apaise... J'ai commencé
par éteindre les lumières, et je me suis assise auprès d'Angela, et je
la massais, la caressais, la douleur étant telle qu'elle s'est retrouvée
allongé en travers de son lit, recroquevillée, en position foetale, mais
calme... la patiente d'à côté et venue voulant m'aider à la remettre
correctement dans le lit, c'est beau de voir comme toutes les femmes
étaient soucieuses... Elle s'est de nouveau agitée, alors là pu de
solution, je me suis retrouvée dans son lit, à la cageoler comme un
enfant, sa tête était toute posée contre ma poitrine et mon bras... 4
heures comme ça, avec des sursauts de paniques... des paroles fortes
aussi, où elle se remettait entièrement au Père du ciel... Je lui ai
proposé qu'on prie ensemble, bercée par la prière, elle s'est
endormie...Les jours qui ont suivie, j'arrive dans le service et Pa boy
me dit elle accouché de jumeaux, c'était imagé, son ventre était devenu
normal, la douleur atténuée... "L'impossible devient possible", une
belle amitié s'est crée avec elle et sa soeur présente au jour le jour,
à ses côtés. Angela est chez elle, bien faible, mais elle reprend petit
à petit des forces. Avec une collègue Atam, qui devient une sister
camerounaise nous sommes allées la visiter il y a quelques jours, pour
ma part ce moment reste impressionnant, de part la joie des
retrouvailles, la simplicité de ce moment, des échanges, des partages et
puis de part la pauvreté, des conditions de vie vraiment rudimentaire,
Angela vie avec son papa ,et sa soeur était aussi avec eux, leur maison
est une pièce dans laquelle il y a un lit, les affaires de cuisines, et
tous les habits sont étendus sur des fils suspendus . Elles nous ont
montré leur photo, c'est fou de voir combien la maladie a transformé
Angéla physiquement... Elle dit maintenant, après ces douloureux moments
à l'hôpital, qu'elle ne pourra pu vivre comme avant, il y a quelque
chose de transformé en son coeur...
Une des voisines du dortoir,Déborah est arrivée, on a beaucoup ri, un
moment où l'on dit qu'il fait bon d'être ensemble... Tellement ces
moments sont pour moi, comme d'immenses cadeaux, je ne peux m'empêcher
de proposer que l'on prie ensemble, on était toutes les cinq, en rond, à
se tenir les mains, dans cette petite pièce, et on a prié, chanté,
ahlalalala !!!! C'est une joie profonde en mon coeur, je jubile, c'est
si simple, si paisible, si joyeux!!!! Youhouhou!!!! Puis, retour à pied
avec Atam, et là j'avais hyper soif, et sur le chemin mon pierrot de
collègue qui a une petite boutique nous fait signe de venir, et il nous
propose de choisir entre des biscuits ou une boisson, on avait rien
demandé et ça nous est donné gratuitement... C'est drôle parcequ'Atam me
dit juste après qu'elle aussi avait très soif et elle avait très envie
d'une boisson, on a beaucoup ri quand on a vu ce qu'il nous était
donné... Journée bénie!!!
Que de coeurs généreux et aimants : un après-midi j'allais travailler et
je croise Desmond un p'tit garçon de 11ans avec qui Alice et moi nous
nous sommes liées d'amitiés avec lui. Quelques jours avant je lui avais
proposé de venir s'il voulait et là il me propose de venir le jour
suivant, c'est ok... On a partagé le repas du dimanche midi ensemble,
c'était bien sympa, comme un p'tit frère qui vient visiter sa grande
soeur.. Puis, j'avais un sac qui ne me servais pas, qui embarrassé les
lieux, je lui ai proposé tout heureux, il est reparti avec son sac sur
le dos, bien fier. Et là surprise, lundi soir après la messe, Desmond et
sa maman étaient à la messe, et sa maman m'a agrippé dans les bras pour
me remercier, et pour manifester la joie de se connaître... Ce sont des
moments qui vous paraissent être une éternité tellement c'est intense...
mais tellement simple aussi, c'est ça qui me chamboule, il y a quelques
années on me disait Elise ne cherche pas à vivre les choses dans l'extraordinaire, et oui c'est vraiment vrai, quelle belle parole!!!
Un après-midi aux chutes : Après le travail, pique-nique sur le dos,
maillot de bain enfilé, j'embarque avec moi Atam, elle semblait un peu
paniquée à l'idée de voir la pluie arriver, et aussi de ne pas savoir
nager.... arrivée sur place, température extra, et là on s'est retrouvé
comme des p'tites grenouilles sous une bonne averse... Mais on s'est
aussi transformé en Tarzan à crier dans cette brousse... Puis,
finalement initiation à la natation pour Atam, et bien un jour
mémorable, elle sait nager, encore des p'tits entrainements et comme
elle dit elle pourra bientôt aller aux Jeux Olympiques... Elle était
comme une petite fille, heureuse de savoir nager,une vraie victoire..et
en plus comme spectateur : la brousse, cette chute et cette beauté de
nature... Elle est partie de la maison vers 19 h, on a partagé un p'tite
salade à la française, notre vie, puis, coupure de courant, petit bout
de chemin à la lanterne et retour à la maison...
Finalement j'avais presque oublié de visiter mes voisins, alors un jour
sur le chemin, j'me suis dis qu'il fallait que je propose une date pour
les visiter, chose faite... Ce sont deux familles qui habitent dans une
même habitation, séparées par des cloisons, puis il y a un autre petit
bâtiment réservé pour faire la cuisine au feu de bois, en fait
l'architecture est en L, et au centre la coure où les enfants jouent,
dansent, se lavent, mangent, c'est un peu la place public de ces
familles où se vivent et se partagent beaucoup de chose comme au près du
feu de bois, de la lumière...On a commencé l'après-midi dans la cuisine
au près du feu de bois, on s'est préparé du foufou avec des légumes, ces
p'tites maman étaient heureuses de me montrer leur façon de cuisiner, de
vivre, d'être... ça s'est terminé aussi par une grande joie dans cette
cour, où nous avons joué à la marelle à même le sol, ils se sont
inventés une corde à sauté avec des feuilles de bananiers, et à ma
grande surprise, les p'tites maman jouaient avec les enfants... c'était
la première fois que je voyais réellement des mamans heureuses
d'éveiller leurs enfants. Puis, ça s'est terminé en chansons... on
aurait pu continuer jusqu'au bout de la nuit, alors arrive un moment où
on se quitte, et une belle escorte jusqu'à la maison, les p'tit enfants
en avant du chemin ... des moments fabuleux où tout ce fait naturellement. Elle est vraiment belle la vie !!!
Et Boris, Boris, Boris, ce p'tit loulou reprend petit à petit vie, oui ,
vie dans son coeur, dans son être, par la parole, les sourires, les
jeux, la musique, la danse, la complicité, la tendresse... Je vois
combien cette situation me prend aux tripes, le premier jour ou je l'ai
vu sourire,ou une expression a traduit ce qu'il vivait, ou j'ai pu voir
qu'il vivait , qu'il sortait un peu de son traumatisme, je sautais au
ciel de joie et à la fois j'en avais les larmes qui venaient.... Sa peau
et les greffes qui ont été faites prennent petit à petit, il y a des
endroits où c'est plus ou moins infectés, ça nous demande de faire des
soins régulièrement... et notamment au niveau de la tête, c'est
l'endroit le plus douloureux... La maman est impressionnante, elle reste
présente 24 heures sur 24 à ses côtés, une vraie petite infirmière qui
est avant tout une bonne maman.... Sa maman fait partie d'un groupe de
prière du renouveau, je ne le savais pas et un jour, elle fredonnait un
chant que j'aime beaucoup, alors grande surprise, ici à Fontem au
Cameroun... Alors, on était autours de Boris, en train de chanter, louer
le Seigneur, cette maman est complètement remise à la volonté de
Dieu.... et elle éveille son enfant dans cette relation à Dieu... Il y a
des aspects plus douloureux, les soins ne sont pas toujours simple, et
ce p'tit loup et plein de forces et d'énergie, notamment pour poser une
voie d'abord, la maman essaie de le contenir comme elle peut, mais ici
au Cameroun, les parents en viennent souvent à frapper l'enfant avec des
p'tits bâtons, c'est dur, car le soin est douloureux et une violence ce
rajoute à tout ça... Hier soir, j'ai eu la grande joie avant de
terminer le travail de prendre Boris dans les bras, de le cageoler, un
vrai bonheur, sa maman dit qu'il m'appelle Tata Elise, mais quand je suis dans la chambre pas moyen d'entendre comment il m'appelle...
Docteur Rolland est ok pour faire la fête quand il sortira, un foot et un moment convivial à l'appui ...
Des nuits à l'hôpital où je perds patience, Junior un p'tit garçon d'1
ans et demi était arrivé le matin, détresse respi, pâle, encombré et
très faible, le contrôle de l'hémoglobine indiqué 10 g/dl, résultat qui
pose question, une poche de sang était quand même au frais, quand j'ai
pris la relève à 21 h les conditions n'étaient pas bonnes, le taux
d'oxygène dans le sang était de 83 %, tous les signes d'une détresse
respi étaient bien présent, on lui a administré de l'oxygène, la
saturation est remonté... Mais vers 4h beaucoup de signes montraient que
ça s'aggravaient, comme le geignement à l'expiration... Le résultat
sanguin et les signes cliniques ne coïncidaient pas, j'ai donc appelé le
médecin de garde en lui disant ce qu'il en était, et en lui disant qu'il
me semblait important de poser la poche de sang, de faire un bilan de
contrôle.... le médecin ne savait pas trop... J'ai donc pris le taureau
par le corne, appel du lab et là le bouquet, Margareth de garde demande
à ce que les gardiens de nuit viennent à son domicile pour
l'accompagner, chose que je comprends, marcher seule dans la nuit à
Fontem, on aime bien avoir un homme à ses côtés... et bien les gardiens
ne se bougeaient pas... et il faut toujours lever le ton, pour qu'ils se
bougent, vous savez quand vous voyiez un enfant qui s'apprête à mourir
et que vous avez des soins à faire mais que vos collègues restent
passif, il y a en vous comme de l'agressivité qui se lève, je leur ai
donc dis que cet enfant pourrait un jour être leur enfant... Et là ils
se sont bougés... C'est dur, de voir cet enfant en fin de vie, et en
plus de voir cette paresse face à la souffrance d'un enfant, c'est je
pense insoutenable pour moi. En attendant Margareth avec Pierre on a
baptisé ce p'tit loup... C'est beau et déroutant. Finalement l'enfant
était à 3g/dl d'hémoglobine, on a posé la poche de sang, il est décédé à
ma fin de garde... Des parents ébranlés, un père à terre criant sa
douleur, et une mère emmuré dans sa souffrance... Avec Pierre, nous
avons préparé Junior, l'avons comme langé dans un râpa et l'avons déposé
dans la chambre froide, accompagné de son papa...
J'ai eu la joie de rencontrer la soeur de ma soeur de coopé, Sabine et
ses deux amies, Pauline et Marie, c'est beau de voir combien les
retrouvailles sont importantes et combien les liens familiaux et amicaux
sont importants pour chacun ... C'est beau de voir aussi combien les
personnes sont sensibles à ce que l'on vie... Et c'est époustouflant de
voir l'accueil ici à Fontem... je ne détaille pas, venez et vous verrez...
Un samedi matin après une nuit de garde, départ pour Dschang, programme
: marche avec d'autres coopérants Emilie Guillaume Mariane au mont
Bamboutos... Voyage sympa, à trois sur une moto, il faisait bien froid,
un super chauffeur, une belle sensation de liberté, des beaux paysages,
la brume... Arrivée à Dschang assez tard, ici on apprend à ne pas se
fixer sur sa montre et à accueillir les imprévus... Arrivée au Mont le
temps n'était pas au rendez vous, de la brume, de la pluie, du vent, de
belles vues, une bonne marche, de bonnes discussions, un bon décrassage,
la première fois où j'ai grelotté de froid au cameroun.... L'accueil est
toujours bon chez Emilie, c'est une vraie joie de la retrouver, de
papoter, prendre le temps d'être ensemble...
Max et Julie, un p'tit couple bien amoureux, mariés depuis deux ans,
partis en coopé juste après leur mariage, sont venus nous rendre visite
à Fontem, ils sont à Pouma, entre Yaoundé et Douala, ils sont
gestionnaire de l'hôpital qui partait à la dérive. Un bon moment, ces
moments où l'on se retrouve et où l'on apprend à mieux se connaître, et
l'on voit aussi les difficultés et les joies des autres... C'est un beau
soutien que cette famille Dcc...
Il y a des moments où l'on a besoin d'avoir des lumières intérieures,
car la coopé ça chavire un coeur dans tous les sens, dans tout son
être, et c'est bon même si ce n'est pas facile à vivre... Je rends
grâce à Dieu d'être à l'oeuvre et de mettre la lumière là où elle a
besoin d'être... Ces moments déroutants demandent de se poser ou de se
reposer sur ce qui fait l'essentiel, la source de ma vie....
Des belles nouvelles ces derniers temps, des cousines viennent
d'accoucher, une collègue vient d'accoucher, d'autres devraient arriver,
une amie rentre dans une communauté, des mariages s'annoncent.... En
parlant de naissance, Mado une collègue d'Alice vient d'accoucher de son
6ème, une maman toute pimpante, heureuse et forte... Elle veut déjà
retourner travailler la terre dans son jardin...
Ma soeur de coeur et de chair Elodie, vient au mois d'Aout à Fontem, si
vous voulez lui faire passer du courrier au autre faites lui signe..
J'aime fortement la vie, il m'est beaucoup donné, je me remets à vos
pensées et vos prières...
Soyez assurés de ma profonde affection et de ma prière..
Elise via Fontem
Le départ, les avants, et la découverte ....
Mes p'tits parents m'ont accompagné à la gare de Rennes, des aurevoirs sur le quai de la gare, beaucoup d'émotions, nous ne nous sommes pas éternisés pour éviter que se soit trop difficile...
Petite soirée entre frère et soeur, Jean-Baptiste mon frère m'a accompagné à Paris, nous nous sommes rejoints au Mans, voyage ensemble, retrouvaille avec Elodie à Radio Notre Dame, puis petite soirée ensemble, Soline une cousine nous a rejoint, quelques musiques à télécharger en dernière minutes, histoire de se regonfler pendant les moments plus difficiles...
Lever aux aurores, le pape arrivant le jour même de mon départ, la circulation aurait pu être difficile a Paris, mais bon chauffeur avec moi, pas de souci, Aurore une bonne amie, nous a retrouvé à une station de métro, et entre tant des aurevoirs assez émouvants et pas si facile avec Elodie...
Et à l'aéroport, retrouvailles avec Alice, my sister de coopé pendant 2 ans...
Moment bien important, partagé avec toi Jean-Baptiste, il est bon de partager ces moments avec les personnes que l'on aime...
Voyage en avion bien sympa, de belles images restent dans mon coeur, beaucoup de questions, d'inconnus étaient présents...
A l'arrivée, Fleur et Mathieu des coopérants nous attendaient à Douala, c'est une grande famille que cette famille Dcc, le lendemain matin nous avons rencontré Emma et sa p'tite fille Noémie, puis un autre couple Max et Julie qui nous ont accompagné à la Procure où nous retrouvions des membres des focolaris pour ce beau voyage à Fontem
Une impression d'être au bout du monde, mais que de belles images aussi... un long voyage, qui m'a permis de me plonger, de déjà me dire que j'arrivai ici à Fontem dans ce lieu qui allait être mon lieu de mission...
Petite soirée entre frère et soeur, Jean-Baptiste mon frère m'a accompagné à Paris, nous nous sommes rejoints au Mans, voyage ensemble, retrouvaille avec Elodie à Radio Notre Dame, puis petite soirée ensemble, Soline une cousine nous a rejoint, quelques musiques à télécharger en dernière minutes, histoire de se regonfler pendant les moments plus difficiles...
Lever aux aurores, le pape arrivant le jour même de mon départ, la circulation aurait pu être difficile a Paris, mais bon chauffeur avec moi, pas de souci, Aurore une bonne amie, nous a retrouvé à une station de métro, et entre tant des aurevoirs assez émouvants et pas si facile avec Elodie...
Et à l'aéroport, retrouvailles avec Alice, my sister de coopé pendant 2 ans...
Moment bien important, partagé avec toi Jean-Baptiste, il est bon de partager ces moments avec les personnes que l'on aime...
Voyage en avion bien sympa, de belles images restent dans mon coeur, beaucoup de questions, d'inconnus étaient présents...
A l'arrivée, Fleur et Mathieu des coopérants nous attendaient à Douala, c'est une grande famille que cette famille Dcc, le lendemain matin nous avons rencontré Emma et sa p'tite fille Noémie, puis un autre couple Max et Julie qui nous ont accompagné à la Procure où nous retrouvions des membres des focolaris pour ce beau voyage à Fontem
Une impression d'être au bout du monde, mais que de belles images aussi... un long voyage, qui m'a permis de me plonger, de déjà me dire que j'arrivai ici à Fontem dans ce lieu qui allait être mon lieu de mission...
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